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dimanche 18 mai 2014

Est-ce toujours la faute des parents ? Partie 3

L’enfant, un                  « emmerdeur » naturel

Alice est comédienne, aussi extravertie et sociable que Rose, sa fille de 11 ans, est introvertie : « Je sais que je ne lui laisse pas assez de place, confie Alice, je m’en veux, j’essaie de m’effacer mais rien ne marche. » La tendance à montrer du doigt les mères est d’autant plus aisée qu’elle trouve un écho indéniable chez celles-ci : « Elles se sentent naturellement coupables, puisque, donnant la vie, elles se savent aussi donnant la mort, rappelle Brigitte Allain-Dupré, et parce qu’elles sont dans l’ambivalence des sentiments. »
 
Un enfant, toute mère en fait l’expérience, est un émerveillement en même temps qu’un « emmerdeur » naturel. L’acceptation de cette ambivalence naturelle n’est pas simple, notamment « dans des sociétés où l’enfant est presque systématiquement désiré et programmé : s’impose le devoir, pour la femme, d’être toujours satisfaite, “et” d’elle-même “et” de son enfant, ce qui est impossible compte tenu de l’humanité de l’un et de l’autre ». En niant la face négative de la maternité, les femmes renforcent leur propre sentiment de culpabilité, tout en donnant raison à ceux qui les montreraient du doigt.

Sortir du schéma « maman et moi »

Comment sortir de cette vaste accusation ? En commençant par rétablir un équilibre, explique Brigitte Allain-Dupré : « Dans le portage psycho affectif de l’enfant, la mère lui imprime nécessairement quelque chose de sa propre histoire qui vaut aussi bien en termes de tristesse, de peur que d’énergie, de résilience ou de force contre l’adversité. » Si influence maternelle il y a, pourquoi en ef et ne serait-elle que négative ?
 
« Regardons davantage du côté de la vie qu’incarnent aussi nos mères, plutôt que de nous laisser emporter du côté du sombre », propose Virginie Megglé. Brigitte Allain-Dupré parle de « faire de la place au cœur : comment puis-je regarder ma mère dans sa propre histoire ? D’où vient-elle ? Comment a-t-elle été portée, entourée ? ». Il s’agit de sortir du schéma « maman et moi » pour s’inscrire dans la chaîne plurigénérationnelle de transmission. « Admettons que nos mères soient en grande partie responsables de ce que nous sommes, ajoute Katia Denard : qu’en est-il de notre propre responsabilité ?
 
Que faisons-nous de ce qu’elles ont “fait” de nous ? » Comme disait Jean-Paul Sartre, « l’homme qui se croit déterminé se masque sa responsabilité 8 ». Cesser de s’entêter dans la critique de sa mère pour se considérer comme partie prenante est aussi, paradoxalement, un moyen de se libérer de sa propre culpabilité d’enfant.
 
Ensuite, « quitte à vouloir revenir à “l’origine”, reconnaissons qu’il ne s’y trouve pas qu’une mère, mais une mère et un père », rappelle Virginie Megglé. Oser l’interroger lui aussi, le faire davantage exister dans nos représentations. L’évolution des comportements des pères devrait y aider : « Plus ils seront présents, moins on songera à se retourner contre les mères, conclut-elle. Mais encore faut-il qu’ils apprennent à inventer leur propre paternité qui ne soit pas une “maternité bis”. Alors, seulement, on pourra parler d’un véritable partage des responsabilités, sinon des culpabilités ! »          

Anorexie et autisme : deux lourdes accusations

Parmi les domaines où la responsabilité des mères a le plus ouvertement été dénoncée, deux pathologies : l’anorexie et l’autisme.
L’anorexie Parce qu’ils mettent en scène le corps – cet inévitable « liant » entre mère et enfant – et la nourriture – donc l’image de la mère nourricière –, les troubles du comportement alimentaire de l’enfant convoquent inévitablement sa mère. Non pas en ce qu’elle serait « toxique », mais en ce qu’il y aurait un dysfonctionnement dans la relation, et pas nécessairement à ce niveau générationnel, parfois bien avant.
 
Cependant, depuis Freud, la psychanalyse voit avant tout dans l’anorexie une difficulté à s’incarner dans son identité sexuelle. Or, pour ce faire, l’enfant a autant besoin d’une mère que d’un père ; l’absence, ou le retrait significatif, de ce dernier est souvent relevée par les filles anorexiques : devant un père absent, l’enfant se sent absent. Et est d’autant plus tenté de se retourner violemment contre sa mère, qui, elle, est bien là.
 
L’autisme Dès les années 1940, Leo Kanner, pédopsychiatre américain, est le premier à parler des « mères réfrigérateurs » ou « mères froides » : insensibles, peu communicantes, elles seraient la cause du repli sur eux des enfants, jusqu’à l’autisme. Cette thèse trouve aussitôt des contradicteurs, y compris dans la sphère psychanalytique, et Leo Kanner lui-même reviendra sur son hypothèse. Mais le mal est fait : la théorie se répand aux États-Unis, surtout via Bruno Bettelheim.
 
Directeur d’un centre d’éducation pour enfants souffrant de troubles divers, le psychanalyste défend l’idée que, pour espérer retrouver des aptitudes à communiquer, ceux-ci doivent absolument être séparés de leur milieu familial. Donc fuir l’influence maternelle, en a-t-on conclu, à la lumière de ses écrits ambigus sur le sujet. Depuis, grâce à la recherche scientifique, cette idée a été largement contredite et a perdu tout soutien théorique au bénéfice d’une approche multifactorielle, à dominante génétique.
 
http://psychologysexo.blogspot.com/2014/05/est-ce-toujours-la-faute-des-parents.html

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